Au secours, Mein Kampf revient en librairie !

Le 1er janvier prochain, le manifeste d’Adolf Hitler tombera dans le domaine public. Pour la première fois depuis la guerre, Mein Kampf pourra donc être republié en Allemagne, mais seulement dans une version commentée par les chercheurs.

L’échéance est prévue et attendue de longue date par les historiens : 70 ans après la mort de son auteur, Mein Kampf va tomber dans le domaine public. L’état de Bavière, qui a hérité des droits de copyright après la guerre, ne pourra théoriquement plus s’opposer à sa réédition. A compter du 1er janvier 2016, le brûlot d’Adolf Hitler pourra donc être à nouveau publié, mais le sujet fait débat en Allemagne, comme tout ce qui touche à l’histoire du nazisme.

Pour tenter de couper court aux polémiques, les autorités fédérales ont pris des mesures. Début 2014, les ministres de la justice des seize Länder se sont mis d’accord pour interdire toute publication de Mein Kampf en version « brute ». Seules les éditions commentées et dotées d’un véritable appareil critique verront le jour. Les éditeurs tentés de contourner la loi risqueront des poursuites pour incitation à la haine.

A Munich, les chercheurs de l’Institut d’histoire Contemporaine (IfZ) planchent sur le sujet depuis des années. L’édition qu’ils prévoient pour 2016 doit couvrir 2 volumes et 2000 pages au total, parmi lesquelles seulement 780 consacrées au texte d’Hitler. Aux 27 chapitres originaux, viendront s’ajouter une préface et un copieux corpus de commentaires (5000 contributions d’historiens).

Mais même entouré de toutes ces précautions, le retour de Mein Kampf en librairie continue de diviser l’Allemagne. Après la transformation des camps de concentration et de lieux emblématiques du nazisme – comme la Villa Wannsee à Berlin – en lieux de mémoire, certains s’interrogent : faut-il accepter une exploitation commerciale du livre maudit ? Et en le rendant disponible à nouveau, ne risque-t-on pas de le banaliser ?

Le magazine satirique Titanic préfère tourner le sujet à la plaisanterie. Voilà comment il imagine la réédition commentée (traduction : « quatsch »… veut dire « des conneries »).

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