Le PDG de Fosun coopere aux besoins de l’ enquete

Plus de 24 heures après qu’il ait été vu à l’aéroport de Shanghai encadré par des policiers, le groupe donne des nouvelles de son Chairman Guo Guanchang : « il assiste les autorités dans les investigations qu’elles mènent…il devrait continuer à participer aux décisions majeures par des moyens appropriés…cette situation n’a pas eu d’impact matériel…les opérations demeurent normales. »  Fosun a demandé la reprise des cotations lundi sur les Bourses de Shanghai et de Hong Kong. Les apparences sont sauves mais elles ne manquent pas d’inquiéter car c’est devenu une habitude. On escamote de grands patrons dans les aéroports pour les amener à coopérer aux enquetes anticorruption menées par la Commission de discipline du Parti. Elle est aux ordres du Président et les cibles ne sont jamais divulguées. La liste des chairmen entendus est longue, tous ne sont pas aussi connus que le patron de Fosun repreneur du Club Med. On a vu dans les grands groupes d’Etat disparaitre du jour au lendemain les dirigeants de  Agricultural Bank , Sinopec, China Southern, Symbiose,  CITIC et maintenant Fosun. La machine à investiguer retient cette fois une des figures de proue du capitalisme chinois engagé à l’étranger. Le champ d’investigation est sans fin . Dans ce dernier cas, selon la revue economique chinoise Caixin qui a lancé l’alerte, l’une des affaires pour laquelle sa cooperation est requise remonte à 2003 , à l’époque ou l’ancien Président shanghaien Jiang Zemin remet les clés à son successeur Hu Jin Tao. Le groupe Fosun achete et revend des mines de fer et investit dans le Friendship Group qui développe des centres commerciaux. Le Président de cette société  Wang Zognan est condamné à 18 ans de prison pour corruption au mois d’aout. Le procès mentionne la vente à moitié prix par Guo Guanchang de deux villas aux parents de Wang Zongnan.  C’est suffisant pour jeter une ombre sur toute une époque ou l’argent était facile, l’époque du « clan de Shanghai ». Le Groupe Fosun qui détient le Club Med depuis mars a investi 27 milliards d’euros à l’étranger dans des acquisitions qu’il faut consolider ce qui inquiète les partenaires et les actionnaires du monde entier.

 
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L'auteur

Depuis Pékin, Philippe Reltien couvre l'actualité de la Chine et de sa région.

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