Liu Xiang héros sportif poussé à la limite. « On achève bien les chevaux ».

Sa biographie non autorisée serait un best seller et qu’est ce qu’attend le CIO pour ouvrir une enquete?  Voila un jeune collégien de 13 ans né à Shanghai engagé à l’Ecole du sport d’élite pour sprinter et survoler  le 110 mètres haies  dans la perspective des Jeux de Pékin en 2008.  Il y parvient trop tot à 20 ans avec une médaille d’or surprise aux Jeux d’Athenes en 2004 apres un record du monde à 12″88 à Lausanne. A Pékin en 2008 il est blessé au tendon d’Achille et le sera pour toujours mais sa carrière va se prolonger encore 7 ans pour une seule raison: l’avidité de médailles de la fabrique à champions. En sont issus LI NA  au tennis et YAO Ming au basket. Liu Xiang ne va pas disputer les Jeux de Pékin au grand désespoir du public à qui l’on ne dira pas pourquoi il est quand meme présent et visible au départ, parce que son entraineur Sun l’y oblige. Son nom est associé à 17 contrats de sponsoring pour plus de 100 millions de dollars et son absence à l’écran aurait couté 3 fois plus cher en pénalité à son administration révéle aujourd’hui le China Daily. Il tournera en rond derriere les starting blocks et quittera le stade. Le show pitoyable se reproduit en 2012 aux Jeux de Londres quand il accroche la première haie et embrasse la dernière comme pour dire  » I kiss you good bye » avant de quitter le stade en fauteuil roulant. Et on le réopère en 2014 dans la perspective des championats du monde d’athlétisme à Pékin, ouverture le 22 aout 2015 avec Ushain Bolt en vedette, et pourquoi pas avec le vague espoir de lui faire disputer les Jeux de Rio en 2016. Combien d’opérations ? Secret d’Etat. Il est forcé de reprendre l’entrainement en décembre quand finalement en avril son entraineur Sun déclare que « son tendon a réagi négativement…nous devons renoncer à un come back ». Sur son blog, Liu Xiang annonce qu’il va reprendre ses études et se consacrer à l’encouragement du sport de compétition pour les jeunes qui n’ont pas de stade et de pistes pour s’entrainer, comme pour le football. L’autorité chinoise du sport d’élite devrait faire son meaculpa et se réformer au vu de ce gachis et si elle ne le faisait pas, il conviendrait aux athlètes internationaux d’etre solidaire avec Liu Xiang à l’occasion des Championnats du monde de Pékin cet été. « On achève bien les chevaux » est ce qui est arrivé à Liu Xiang qu’il ait été ou pas complice, il a été la victime de ce système inhumain.

 
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L'auteur

Depuis Pékin, Philippe Reltien couvre l'actualité de la Chine et de sa région.

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