Les poppies d’automne, hommage aux soldats britanniques

Chaque année, fin octobre, les poppies envahissent le Royaume. Il s’agit de petits coquelicots en papier rouge que l’on porte généralement à la boutonnière. Presque une obligation pour les personnages publics, hommes politiques, journalistes, avocats, etc. Cette célébration culmine le 11 novembre, jour de commémoration de l’Armistice.

En Grande-Bretagne, porter le coquelicot à la boutonnière est autant une démonstration patriotique qu’une marque de respect national aux soldats d’hier et d’aujourd’hui. Le poppy est un symbole associé aux soldats morts à la guerre, une référence au célèbre poème In Flanders Field, à la mémoire des militaires tombés au combat dans les champs de coquelicots des Flandres en 1914-1918.

Cette année, pour le centième anniversaire de la Première Guerre mondiale, la Tour de Londres (Tower of London) s’est transformée en mémorial. Une œuvre d’art impressionnante, pas encore totalement achevée, baptisée Blood Swept Lands and Seas of Red et mise en scène par Tom Piper, est devenue l’attraction majeure de la capitale, visitée par quatre millions de personnes. Un phénomène.

La mer de coquelicots en céramique © DR La mer de coquelicots en céramique © DR

Une mer de coquelicots en céramique conçus par l’artiste Paul Cummins inonde les douves de la Tour de Londres. 888.246 poppies précisément, soit le nombre de soldats du Commonwealth tués pendant la Grande Guerre.

Il était possible d’acheter un coquelicot pour 25£, faisant ainsi un don à des associations d’anciens combattants. Tous ont été vendus.

De nombreuses figures britanniques, dont la Reine, ont visité cette œuvre d’art éphémère.

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L’installation a ses détracteurs. Un critique d’art du Guardian, Jonathan Jones, regrette qu’elle ne rende hommage qu’aux victimes britanniques de la guerre. Un repli sur soi qui fait le jeu du parti anti-immigration Ukip, écrit-il. Il reproche aussi aux artistes d’embellir les horreurs de 14-18.

Le dernier coquelicot sera planté le 11 novembre, pour Remembrance Day. Le lendemain, les fleurs seront “cueillies” et envoyées aux acheteurs. Le maire de Londres Boris Johnson et même David Cameron souhaiteraient prolonger l’installation mais les artistes et les associations de vétérans tiennent à sa nature éphémère, et il était de toute façon difficile de modifier le calendrier. Les poppies doivent être nettoyés avant d’être remis à leurs propriétaires. Un processus long et coûteux.

Une partie de l’œuvre restera toutefois en place jusqu’à la fin du mois. Et certaines sections seront exposées à l’Imperial War Museum.

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