Plus que 3 mois avant les élections les plus indécises du Royaume

Plus que trois mois avant le 7 mai 2015. Trois petits mois de campagne, et bien malin qui peut prédire aujourd’hui le résultat des élections générales britanniques.

En mai dernier, je me suis hasardé à un pronostic encore plausible, le maintien au pouvoir de la coalition conservateurs/lib-dem, mais la situation a bien changé depuis. Le paysage politique est encore plus fragmenté. Au moins six partis vont jouer un rôle de premier plan.

Dans les sondages, les conservateurs et l’opposition travailliste se tiennent dans un mouchoir, entre 28 et 34% des voix. Le futur Premier ministre sera forcément issu d’un de ces deux camps : David Cameron ou Ed Miliband.

Les libéraux-démocrates se préparent à des élections difficiles. Mais même s’ils perdent deux tiers de leurs 57 députés, ils peuvent encore jouer les faiseurs de roi.

Le parti UKIP, populiste et europhobe, vainqueur des européennes 2014 avec 27% des suffrages, n’est pas suffisamment bien implanté localement pour espérer conquérir de nombreux sièges. Obtenir dix députés serait une performance. Un chiffre entre 3 et 5 semble plus probable. Cependant, le parti de Nigel Farage va prendre de nombreuses voix aux autres partis, surtout bien sûr aux conservateurs.

Les Verts, à gauche du parti travailliste, comptent aussi jouer les trouble-fête. On en parle peu mais ils représentent pour le Labour la même menace que UKIP pour les Tories. Leur nombre d’adhérents ne cesse d’augmenter et un récent sondage leur donne 11% d’intentions de vote.

Enfin, last but not least, les nationalistes écossais du SNP pourraient totalement perturber le jeu électoral. Ils n’ont aujourd’hui que 6 députés à Westminster sur les 59 représentant l’Écosse. D’après certaines enquêtes, ils pourraient en obtenir une cinquantaine le 7 mai ! Si ces prédictions se vérifient, le SNP sera le grand vainqueur du scrutin. Toutefois, l’avance des nationalistes sur leurs principaux rivaux, les travaillistes, est faible dans de nombreuses circonscriptions. Un renversement de situation reste donc possible, mais on voit mal comment le Labour pourrait conserver ses 41 députés écossais face à la percée des indépendantistes portés par le souffle du référendum du 18 septembre.

Pour le moment la campagne ne passionne pas les foules. Chaque leader traîne ses casseroles. Il est reproché à David Cameron de ne frayer qu’avec les riches, d’être trop éloigné du peuple, quand Ed Miliband est critiqué pour son indécision et son manque de charisme. De nombreuses questions peuvent encore changer la donne dans les trois mois à venir : Les indicateurs économiques, encourageants, vont-ils encore s’améliorer ? Qui remportera les débats de la campagne (s’ils ont lieu) ? Y aura-t-il des gaffes comme celle qui causa la perte de Gordon Brown en 2010 ? etc.

Une seule prédiction semble fiable : aucun parti ne devrait obtenir la majorité absolue à la Chambre des communes. D’après de savants calculs, Ed Miliband aurait aujourd’hui deux fois plus de chances que David Cameron d’être le prochain Premier ministre. Ses possibilités d’alliance politique sont plus nombreuses.

Mais les savants calculs ne votent pas. De très nombreux scénarios sont envisageables, y compris une issue électorale incertaine, sans coalition crédible. Auquel cas, rebelote. Comme en 1974, un autre scrutin pourrait être organisé dans l’année à venir.

Vos commentaires

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  1. enfaitpourquoi

    Il serait intéressant de rappeler le type de système électoral en GB.
    Est-ce un scrutin proportionnel, majoritaire…? à un ou deux tours?
    Mais le véritable centre d’intérêt pour les Européens du continent reste quand même: est-ce que les Britanniques vont rester dans l’Europe? c’est devenu le 2ème pays de l’UE en termes d’économie, et donc une catastrophe, et un non-sens pour les Chinois par exemple, de le voir partir.

    Merci pour votre commentaire. Les élections britanniques se déroulent au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans 650 circonscriptions, ce qui favorise les grands partis. Il faut une majorité de 326 sièges pour former un gouvernement. Dans les faits, 323 suffisent car le Sinn Fein et ses 5 députés refusent de siéger à Westminster. S’agissant de l’UE, il y aura un référendum, par définition incertain, si David Cameron reste à Downing Street. Mais Ed Miliband ne compte pas organiser de référendum. Peut-il changer d’avis?

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