La réforme ou la porte pour Matteo Renzi

Les regards sont braqués sur l’Italie. Les Italiens votent en ce 4 décembre sur la réforme de leur Constitution. Le projet vise à réduire drastiquement le poids du Sénat, la chambre haute du Parlement italien, dans le processus législatif et à recentraliser une partie des pouvoirs dévolus aux régions. Pour ses promoteurs cette réforme doit apporter plus de stabilité au pays. Matteo Renzi le Président du Conseil a annoncé au printemps – avant d’atténuer ses propos – qu’il démissionnerait si cette réforme ne passe pas. 

« C’est comme partout ailleurs. L’Italie va faire valser ses dirigeants, les gens en ont marre, ils veulent du changement ! » me dit-on à Paris.

Mais…. qui représente exactement l’establishment en Italie ? Matteo Renzi, le Florentin, qui comprit en 2013 l’intérêt qu’il y avait à déboulonner – au moins sémantiquement – la caste, pour vendre aux Italiens la nouveauté et la réforme ? Les partisans du non au référendum qui vont bien au – delà du Mouvement 5 Etoiles et d’un Beppe Grillo qui appelle effectivement à faire valser les élites (Silvio Berlusconi et Massimo d’Alema pour ne citer que deux illustres opposants à la réforme constitutionnelle en question le 4 décembre).

L'appel lancé par Matteo Salvini, Ligue du Nord, partisan du Non : "Infligeons-lui une "trumpette" L’appel lancé par Matteo Salvini, Ligue du Nord, partisan du Non : « Infligeons-lui une « trumpette »

 

 

 

 

 

 

L’erreur stratégique de Matteo Renzi : avoir personnalisé le référendum

Que risque vraiment l’Italie si le Non l’emporte…

Selon le Financial Times, en cas de victoire du Non huit banques italiennes risquent la faillite. Selon la Banque d’Italie les spéculations sur les actions et obligations italiennes repartiront. « La préoccupation qui entoure ce référendum est justifiée, car l’Italie est un des pays financièrement plus instables à cause d’un déficit budgétaire très élevé. Cela dit je ne crois que la machine étatique italienne va s’arrêter de tourner. Que le Non ou que le Oui l’emporte dimanche prochain » (Alessandro Pansa, Professeur de finances- Université LUISS, Rome)

Matteo Renzi, l’homme trop pressé ?

Le référendum apparaît comme le dernier coup de poker de Matteo Renzi le Président du Conseil qui devrait démissionner si cette réforme ne passe pas. Matteo Renzi, un réformateur qui aime le risque et qui déchire l’opinion publique italienne. Il n’a pas 39 ans quand il prend le pouvoir à Rome. 35 ans quand il devient Maire de Florence. C’est dans la capitale toscane que Matteo Renzi met en place sa méthode, et se crée une galaxie de fidèles.

Maire adjoint de Matteo Renzi, Dario Nardella prend les commandes de la ville après le départ de son ami au Palazzo Chigi Maire adjoint de Matteo Renzi, il prend les commandes de la ville après le départ de son ami au Palazzo Chigi

Aujjourd'hui conseiller politique de Matteo Renzi Giuliano da Empoli était son adjoint à la culture à Florence Aujourd’hui conseiller politique de Matteo Renzi Giuliano da Empoli était son adjoint à la culture à Florence

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Matteo Renzi doit se rendre à l’évidence : lui qui reste le plus jeune Président du Conseil en exercice dans l’histoire de l’Italie peine à convaincre les moins de 35 ans de la qualité de son travail. A l’université de La Sapienza à Rome, parmi les étudiants, le Non l’emporte nettement.

 

      matteo-renzi-peine-a-convaincre-les-jeunes-de-voter-pour-sa-reforme

 

Les scenarii de l’après 4 décembre

… sont multiples. Si vous souhaitez vous projeter dans l’après 4 décembre, je vous recommande la lecture de cet article.

 

 

 

 
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L'auteur

Mathilde IMBERTY 38 ans Correspondante à Rome pour Radio France Ma mission : retranscrire la complexité de l'actualité italienne et les soubresauts de la vie vaticane. Sous l'ère François et Matteo

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