Synode sur la famille, une semaine de débats par Anaïs Feuga

Il est là, presque tous les jours, sauf le mercredi matin, bien sûr, quand il est à l’audience place Saint-Pierre, mais depuis une semaine, le pape écoute beaucoup. Présent devant cette assemblée de presque 200 pères synodaux, venus des cinq continents, il a donné le « la » dès le premier jour : « parlez clairement, avec franchise« .

« St Peter’s Square, Vatican City – April 2007 » par Diliff – travail personnel sous licence CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.

Il a été écouté. Tous les témoignages confirment la liberté de parole, les divers thèmes abordés, sans tabou, des couples homosexuels, à la polygamie, en passant par la sexualité. On affirme : «Les unions libres, marquées du sceau de l’amour et de la fidélité comportent des éléments de sanctification et de vérité. » On conseille de ne plus dire « vivre dans le péché ». Mais depuis quelques jours, les débats patinent sur la question centrale des divorcés remariés. D’un côté les défenseurs de la doctrine, inquiets d’une avancée qui ferait tout s’écrouler, de l’autre les partisans d’une ouverture, inquiets eux, que l’Eglise se coupe du monde.

Mais, explique Jocelyne Khoury, libanaise, une des laïques qui assiste aux débats, tous sont convaincus qu’il faut agir. « On n’a rien élaboré. On est en train de jeter des idées, et on veut voir à la fin comment ça va aboutir. Parce qu’on est tous d’accord que l’indissolubilité du mariage est à ne pas compromettre, absolument. A partir de là, comment avancer vers les autres qui sont sortis, et qui désirent récupérer leur place à l’intérieur de l’Eglise? C’est là que se fait le débat. On doit inventer la pastorale. »

Pour le cardinal Kasper, la conviction qu’on ne peut pas avoir uniquement une position purement doctrinale et légaliste, fait son chemin. Mais il faut que tout cela murisse. La balle est désormais dans le camp de l’opinion publique, dit-il. « Voilà ce qu’il faut faire. Quand l’évêque va rentrer, il va aller dans les paroisses. Les laïcs doivent être courageux ! Ils doivent parler à leur évêque, et lui dire comment ils voient les choses »

C’est exactement la stratégie poursuivie par le pape François estime Marco Politi, biographe du pape, auteur du livre « François parmi les loups ». « Le pape François veut ressusciter le climat du concile Vatican II. Il veut laisser aussi le temps, un an, douze mois, pour développer le débat public des catholiques, des organisations, des mouvements, des paroisses, des catholiques engagés, des théologiens, dans chaque diocèse, afin de faire pression sur les évêques pour trouver des nouvelles voies. »

Les débats se poursuivent encore une semaine, jusqu’à la conclusion de ce premier synode, le 19 octobre, avec la messe de béatification de Paul VI, le pape qui avait justement mené à son terme le concile de Vatican II. Le prochain synode ordinaire est prévu en octobre 2015.

 
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