L’Allemagne est de plus en plus pauvre

L’insolente réussite de l’économie allemande cache une réalité moins rose. Selon un rapport dévoilé cette semaine à Berlin, plus de 15 % des Allemands vivent en dessous du seuil de pauvreté. Un record depuis la Réunification.

C’est le paradoxe allemand : d’un côté un taux de chômage au plus bas et de l’autre de plus en plus de pauvreté. La tendance est à l’œuvre depuis plusieurs années, elle s’est encore aggravée en 2014 selon le rapport présenté cette semaine par la Päritatische Gesamtverband, la fédération des associations d’aide sociale qui regroupe 10.000 structures à travers l’Allemagne.

Les chiffres sont variables selon les Länder : de 11% en Bavière jusqu’à 20% à Brême ou à Berlin. Dans la capitale, l’une des villes les plus démunies d’Allemagne, un enfant sur trois vivrait des aides sociales. Les disparités Nord-Sud sont de plus en plus criantes. En moyenne, ce sont 15,5% des Allemands – soit 12 millions et demi de personnes – qui vivent en dessous du seuil de pauvreté. Un record depuis la réunification, alors même qu’il n’y a jamais eu autant d’emplois dans le pays.

La preuve, selon les auteurs du rapport, qu’il y a urgence à lutter contre la précarisation du marché du travail, qui n’a fait qu’empirer depuis les réformes sociales de l’époque Schröder au début des années 2000. Temps partiels, mini-jobs : la flexibilité à l’allemande a dopé l’économie, mais elle coûte cher socialement. Les associations attendent beaucoup de la mise en place progressive du salaire minimum, en vigueur en Allemagne depuis le 1er janvier.