Boris au 10 Downing Street, la route est longue

Alexander Boris de Pfeffel Johnson, mieux connu sous le nom de Boris Johnson, est aujourd’hui l’homme politique le plus populaire du Royaume-Uni.

Si vous ne connaissez pas ce personnage truculent et charmeur, voici son interview par Patrick Cohen sur France Inter le 15 mars dernier.

[dailymotion]https://www.dailymotion.com/video/xy7vb0_boris-johnson-maire-de-londres-invite-de-la-matinale_news[/dailymotion]

Après une année 2012 flamboyante, marquée par le succès des Jeux olympiques et sa réélection à la mairie de Londres, Boris se verrait bien emménager un jour au 10 Downing Street. Bien sûr, l’intéressé prend soin de ne jamais l’avouer. Quand on lui pose une question à ce sujet, il ébouriffe un peu plus ses cheveux blonds et lâche une absurdité du genre “j’ai autant de chances de devenir Premier ministre que d’être décapité par un frisbee ou réincarné en olive”.

Mais dans un documentaire diffusé hier soir sur BBC Two, Boris Johnson ose admettre que le job ne le laisse pas indifférent : “A l’évidence, s’il y a une balle perdue à l’arrière de la mêlée -ce qui n’arrivera pas-, ce serait formidable de tenter le coup. Mais cela ne va pas se produire”. Traduisez : “Bien sûr que je rêve de devenir Premier ministre et croyez-moi, je vais tout faire pour y arriver.”

Il faudrait pour cela que le maire de Londres retourne au Parlement, prenne les rênes du parti conservateur, et surtout, ne donne plus d’interview aussi désastreuse que celle qu’il a accordée dimanche matin à BBC One. En voici un extrait, à ne pas manquer si vous avez 3min devant vous :

[youtube]https://youtu.be/fj686CmGGSA[/youtube]

Le journaliste, l’excellent Eddie Mair, calme et tranchant, martyrise Boris Johnson. Il interroge l’édile sur trois sujets évoqués dans le documentaire :

1) Boris, jeune reporter, est viré du Times pour avoir inventé un propos prêté à un historien.

2) Boris, journaliste au Daily Telegraph, promet d’aider un ami qui lui demande l’adresse d’un confrère pour le passer à tabac. Au final, personne ne sera blessé mais la conversation, pour le moins embarrassante, a été enregistrée.

3) Boris, jeune député, doit démissionner du Shadow cabinet (le gouvernement “fantôme” d’opposition) après avoir menti sur une aventure extraconjugale.

Sur ces trois points, comme en témoigne la vidéo ci-dessus, Johnson bafouille, bégaie, s’emmêle les pinceaux. Une prestation calamiteuse qui de l’avis de toute la presse britannique, compromet ses chances d’assumer un jour le top job.

Mais Boris est rusé. Alors que son père dénonce l’interview “répugnante” de la BBC, la victime a vanté hier les mérites de son bourreau. “On n’est jamais trop dur avec les politiciens, c’est le rôle de la BBC de taper sur les hommes politique, en particulier sur les gens comme moi” :

[youtube]https://youtu.be/Q8350DcPsug[/youtube]

C’était bien sûr le meilleur moyen de s’en sortir la tête haute.

Boris a toutefois montré ce dimanche qu’il était peut-être un peu tendre, enclin à tomber dans les pièges tendus sur sa route… encore longue avant le 10 Dowing Street.