Diana le film, fuyez…

Londres a accueilli ce jeudi l’avant-première mondiale du film Diana consacré aux deux dernières années de la vie de Lady Di (sortie en France le 2 octobre).

Difficile d’être indulgent. Après 1h48 d’ennui, on se demande comment cet ambitieux projet a pu aboutir à un tel navet, éreinté par la critique britannique (exemples , et ).

Diana est incarnée par la talentueuse Naomi Watts, dirigée par l’Allemand Oliver Hirschbiegel, à qui l’on doit notammentLa Chute, film discutable mais intéressant sur les derniers jours d’Adolf Hitler.

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Projet séduisant donc… et résultat navrant. Un mélo mièvre, aux dialogues sirupeux dont le seul mérite est de ne pas idéaliser Diana. Le scénario s’inspire d’un livre d’enquête de Katie Snell sorti en 2001 qui raconte la love affair entre la princesse et le chirurgien d’origine pakistanaise Hasnat Kahn. De 95 à 97, Lady Di a vécu une aventure passionnelle avec cet homme qu’elle souhaitait épouser. L’histoire d’un mariage impossible entre un discret médecin musulman et la femme la plus célèbre du monde.

Naomi Watts, habitée dit-on par son personnage, minaude atrocement.  Elle campe une Diana esseulée, romantique et naïve qui assène des banalités du genre “I want to help people” ou “I get excited when I go to hospitals”.

Hasnat Khan est joué par Naveen Andrews, de la série Lost, qui a eu au moins deux mauvaises idées : rejoindre le casting du film et se couper les cheveux.

Les scènes entre les deux amants sont si peu crédibles qu’elles en deviennent gênantes. Mention spéciale au marivaudage sur une plage anglaise au son de Ne me quitte pas. Jacques Brel doit se retourner dans sa tombe.

Ce mauvais film inspire une question : Lady Di est-elle un personnage de cinéma ? D’autres réalisateurs peuvent-ils réussir là où Oliver Hirschbiegel a échoué ?

Outre les maladresses du scénario et les faiblesses de la mise en scène, Diana le film commet d’emblée une erreur majeure : il ne s’intéresse qu’à l’intimité du personnage. Il fait du spectateur un voyeur, un lecteur de presse people à qui on aurait ouvert les portes de Kensington Palace.

Il eût été plus pertinent de s’attarder sur les ambiguïtés de la princesse du peuple, ses rapports troubles avec les médias, son pouvoir d’attraction, ses relations complexes avec Buckingham…  Des thèmes à peine effleurés ici.

En voulant gommer les aspérités du personnage pour éviter les polémiques, Diana passe à côté de son sujet, qui mérite une seconde chance au cinéma.