La flamme à Londres !

Voici donc la flamme olympique. A portée de main. Après un parcours de deux mois au Royaume-Uni (dont une incursion symbolique en Irlande), elle est arrivée hier à Londres. Un show savamment orchestré. Et ce matin, elle a entamé son périple de six jours dans les 33 arrondissements de la capitale britannique.

Aujourd’hui, la flamme a traversé les arrondissements défavorisés de l’East End, cinq des six quartiers hôtes des Jeux olympiques 2012 : Greenwich, Newham, Hackney, Tower Hamlets et Waltham Forest.

Un policier de la Met à Beckton, dans l'arrondissement de Newham, pris en sandwich par deux relayeurs © Franck Mathevon / Radio France Un policier de la Met à Beckton, dans l’arrondissement de Newham, pris en sandwich par deux relayeurs © Franck Mathevon / Radio France

A l’exception de Greenwich, il s’agit des zones les plus pauvres et les plus multiethniques de la capitale. C’est à Stratford, à l’intersection de ces quartiers, qu’a été construit le Parc olympique (autopromo : le Magazine de la rédaction de France Culture du 20 juillet était consacré à la rénovation urbaine de l’East End et aux défis du chantier olympique).

Ce matin, j’avais fixé mon rendez-vous avec la flamme à 10h30 à Beckton, dans l’arrondissement de Newham, à l’extrémité de la ligne de métro DLR. Avec peu d’espoir d’y voir beaucoup de monde. Pourtant, des centaines de personnes étaient rassemblées de part et d’autre de la chaussée. La municipalité servait le thé, des gâteaux, des fruits, pour fêter l’arrivée de la torche olympique. Une foule enthousiaste, multiculturelle, à l’image de cette ville cosmopolite. Les habitants de Newham parlaient de leur fierté d’accueillir les Jeux et de se retrouver, pendant quelques semaines, au centre du monde.

Louise, 70 ans, vit à Newham depuis 35 ans : “Les gens disent que Newham est l’un des quartiers les plus pauvres d’Angleterre mais c’est faux. Regardez tous ces gens, les unes des journaux, tous ces médias. C’est l’un des quartiers les plus riches du pays!!!”. On en vient presque à fermer les yeux sur l’opportunisme des sponsors qui profitent naturellement de l’occasion pour maculer de slogans les véhicules accompagnateurs de la flamme.

Bien sûr, des milliers de Londoniens ne sortiront pas de chez eux et maudissent les célébrations olympiques. Bien sûr, les failles du dispositif de sécurité et la saturation du réseau de transports pourraient gâcher la fête. Mais le relais de la flamme, qui a déjà rassemblé près de 10 millions de personnes dans le pays, continue manifestement à attirer les foules. Une première victoire pour les organisateurs des Jeux.