Games over !

L’été olympique est donc terminé en Grande-Bretagne. Aujourd’hui à Londres, une parade de 700 athlètes britanniques, acclamés par près d’un million de personnes survoltées, a mis un point final à six semaines de sport et de fête. Une réussite, que dis-je un triomphe ! “The greatest summer ever”, “Britain’s golden summer”, “The summer of love” : les mots choisis par la presse pour qualifier cet été fastueux.

Mo Farah, l'un des héros des Jeux, champion olympique du 5000 et du 10000m, parade à Londres. © Franck Mathevon / Radio France Mo Farah, l’un des héros des Jeux, champion olympique du 5000 et du 10000m, parade à Londres. © Franck Mathevon / Radio France

Les médias reflètent l’état d’esprit du moment en Grande-Bretagne. Personne ne s’attendait à un tel succès. Les controverses pré-olympiques (sécurité, transport) annonçaient le pire. Mais les Jeux ont rapidement enterré les polémiques et dopé le patriotisme. Les Paralympiques, surtout, ont sidéré le monde entier. Les athlètes handisport se sont affrontés dans des stades pleins, en prime time, battant des records d’audience (Channel 4 avait acheté les droits au Royaume-uni). Du jamais vu.

Cet été olympique est ainsi devenu LA référence britannique, l’exemple le plus abouti de ce dont le pays est capable. Brendan Barber, secrétaire général du TUC, qui fédère les plus grands syndicats, cite ce matin les Jeux pour montrer au gouvernement que l’austérité ne mène à rien : “Voyez ce qu’on peut accomplir grâce à l’argent public !” Le ministre du Commerce, Vince Cable, demande aux entreprises de s’inspirer des formidables résultats des athlètes britanniques pour prospérer. Dans les mois, les années à venir, les responsables politiques, économiques, syndicaux auront régulièrement recours aux triomphes de l’été 2012 pour motiver leurs troupes, illustrer un argumentaire. Une fierté nationale, une nouvelle référence commune.

Les Jeux ont même redistribué les cartes politiques. Boris Johnson, l’excentrique maire conservateur de Londres, est devenu un candidat sérieux au poste de Premier ministre. Sebastian Coe, l’ancien athlète, organisateur en chef des JO, fait aujourd’hui partie des prétendants à la mairie de Londres dans 4 ans.

L’été 2012 marque ainsi une rupture au Royaume-Uni, un turning pointToute la question est maintenant de savoir si l’euphorie olympique peut résister au temps. Le retour aux réalités de la crise économique sera douloureux. La Grande-Bretagne est un pays en récession, éprouvé par une cure d’austérité drastique, lesté d’un chômage de plus en plus lourd. Comment entretenir le feel good factor estival ? Personne n’en sait rien mais chacun semble prêt à faire un effort. Aujourd’hui, dans le métro, station Angel, quelques mots avaient été griffonnés au marqueur noir sur un tableau blanc, sans doute par l’un des agents de Transport for London : “It’s over but please keep smiling !” (C’est terminé mais s’il vous plaît, gardez le sourire !)

La parade vue de loin. Et toujours ces milliers d'Union Jack! Combien l'été 2012 a-t-il rapporté aux fabricants de drapeaux ? © Franck Mathevon / Radio France

La parade vue de loin. Et toujours ces milliers d’Union Jack! Combien l’été 2012 a-t-il rapporté aux fabricants de drapeaux ? © Franck Mathevon / Radio France