Les scénarios après le discours de Cameron sur l’Europe

David Cameron a donc promis un référendum en 2017 sur l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne. Mais y aura-t-il vraiment un référendum ? Le discours du Premier ministre a-t-il changé significativement la donne en Grande-Bretagne et en Europe ? Quels sont les risques (les chances?) de voir Londres quitter l’UE ?

Le joueur. Qu'on aime ou non The Economist, les unes du magazine sont souvent un régal. © DR

Le joueur. Qu’on aime ou non The Economist, les unes du magazine sont souvent un régal. © DR

Allez on se lance. Voici les scénarios possibles pour les 5 ans à venir :

SCÉNARIO 1 : David Cameron a réussi à apaiser la frange eurosceptique de son parti. L’économie britannique se porte un peu mieux et les conservateurs arrivent soudés aux élections de 2015. Idéalement, ils obtiennent la majorité absolue à la Chambre des communes et peuvent enfin gouverner seuls, débarrassés des encombrants libéraux-démocrates. Mais une nouvelle coalition avec les lib-dems n’est pas exclue. Quoi qu’il en soit, David Cameron, reconduit dans ses fonctions de Premier ministre, s’attaque à sa promesse de 2013 : négocier un nouvel accord avec Bruxelles. Ses 26 partenaires acceptent quelques concessions, suffisantes pour permettre à Cameron de bomber le torse et de faire campagne, aux côtés des principaux partis et du monde des affaires, pour le maintien dans l’UE au référendum de 2017. Le oui l’emporte. La Grande-Bretagne reste dans l’Union européenne. Probabilité : 20%.

SCÉNARIO 2 : L’histoire est la même sauf la fin. En 2017, l’économie britannique ne décolle toujours pas, David Cameron bat des records d’impopularité, et comme souvent lors d’un référendum, le peuple ne répond pas à la question, il juge le gouvernement en place. Le non l’emporte de justesse. La Grande-Bretagne quitte l’UE. Probabilité : 10%.

SCÉNARIO 3 : L’histoire est la même jusqu’aux négociations avec les partenaires européens. Ceux-ci ne veulent rien lâcher aux Britanniques. Ils n’ont que faire de ce Royaume-Uni égoïste qui entend façonner l’Europe à son image. L’UE n’est pas réformée comme l’avait espéré David Cameron en janvier 2013. Le Premier ministre hésite entre trahir sa promesse de référendum et faire campagne pour la sortie de l’UE. Les conservateurs se déchirent. Le pays aussi.Probabilité : 5%.

SCÉNARIO 4 : En 2015, l’économie britannique ne s’est toujours pas redressée, les Britanniques sont épuisés par 5 années d’austérité. Ils sanctionnent le gouvernement Cameron aux législatives. Les travaillistes s’imposent. Seuls. Le falot Ed Miliband a fini par convaincre l’opinion et devient Premier ministre. L’Europe n’est plus un sujet d’actualité. Seule compte l’économie. La Grande-Bretagne reste dans l’UE. Probabilité : 25%.

SCÉNARIO 5 ET 6 : En 2015, l’Europe est toujours au cœur du débat politique. Les travaillistes n’ont d’autre choix que de promettre eux aussi un référendum pour espérer gagner les élections. Bien vu : ils évitent ainsi de passer pour un parti élitiste méprisant la parole du peuple et remportent la majorité des sièges aux législatives. Mais le Premier ministre Ed Miliband doit organiser ce dangereux vote sur l’Europe promis par son rival David Cameron en 2013. Dans cette hypothèse, le oui a sans doute plus de chances de l’emporter (probabilité : 15%) que le non (probabilité 5%).

SCÉNARIO 7 : En 2015, les libéraux-démocrates, au plus bas dans les sondages deux ans plus tôt, se sont refait une santé. Ils ont à plusieurs reprises affiché leur désaccord avec les conservateurs au sein de la coalition au pouvoir. Ils parviennent à conserver de nombreux sièges de députés et s’imposent encore en faiseurs de rois. Mais cette fois, c’est avec les travaillistes qu’ils choisissent de gouverner. Les deux partis n’ont pas promis de référendum sur l’Europe. La crise de l’euro est passée et l’euroscepticisme n’a plus le vent en poupe. La Grande-Bretagne reste au sein de l’UE. Probabilité : 15%.

SCÉNARIO 8, 9 ou 10 : Un éclatement de la coalition avant 2015 ? Une victoire des indépendantistes écossais au référendum de 2014 qui changerait la donne ? Un autre événement inattendu qui redéfinit les priorités du peuple et du gouvernement britanniques ? Probabilité : 5%.

D’après ces prédictions, qui n’ont bien sûr rien de scientifique, les chances (les risques?) de voir le Royaume-Uni rester dans l’UE dépassent les 70%.